« Chère madame, dites-moi, je vous en prie, quelle est cette jeune fille qui a une ceinture blanche et verte ?
- Mademoiselle de Beaulignac ; n’est-ce pas qu’elle est gentille ? » répondit la bonne dame avec cette bienveillance sans réticence des femmes qui n’ont pas de filles à marier.

« Exquise ! » prononça Laurent de Puyloubard, attachant de nouveau un long regard sur Amélie.
« Allons ! n’en devenez pas amoureux, au moins, puisqu’elle est la fille de votre mortelle ennemie ! Est-il possible que vous en ayez une ! Quel dommage, n’est-ce pas ?

- Et quelle injustice ! » répartit le jeune homme, dont les traits s’assombrirent tout à coup.
« Personne, vous le savez, ne le pense plus que moi ; mais, silence ! Voici nos musiciens qui reprennent leurs instruments, allez danser Laurent, cela dissipe tous les maux. Voyons, qui invitez-vous ?

L’expression volontaire reparut sur le fier visage.

« Elle, mademoiselle de Beaulignac ».



ENTRE BELLE ET NIZONNE, DANS LES ANNEES 1820,
APRES LA TOURMENTE REVOLUTIONNAIRE ET L'EPOPEE IMPERIALE,
QUAND LA VIE DE CHATEAU A REPRIS SES DROITS,
UNE VERSION PERIGOURDINE
DE ROMEO ET JULIETTE


Illustrations de Laetitia Zink